Tuesday, May 31, 2005

Discussion sur le foulard islamique

L'auteur de ces lignes, ainsi que son partenaire sur ce blog, ont pris part recemment a une discussion assez interessante sur le site de notre compatriote Sanaa, portant sur certains aspects de la question du foulard islamique dans la societe marocaine. Les lecteurs de ce blog peuvent, s'ils le desirent, parcourir ces echanges en cliquant ici.

Je voudrais profiter de cette occasion pour poster l'article d'un canadien, qui n'est ni musulman ni rien, mais qui fait un interessant plaidoyer en faveur du code vestimentaire islamique (c'est en anglais - the title is a little provocative, but the article itself is not):

The Debauchery of American Womanhood: Bikini vs. Burka

By Henry Makow Ph.D.
September 18, 2002

On my wall, I have a picture of a Muslim woman shrouded in a burka.

Beside it is a picture of an American beauty contestant, wearing nothing but a bikini.

One woman is totally hidden from the public; the other is totally exposed. These two extremes say a great deal about the clash of so-called "civilizations."

The role of woman is at the heart of any culture. Apart from stealing Arab oil, the impending war in the Middle East is about stripping Arabs of their religion and culture, exchanging the burka for a bikini.

I am not an expert on the condition of Muslim women and I love feminine beauty too much to advocate the burka here. But I am defending some of the values that the burka represents for me.

For me, the burka represents a woman's consecration to her husband and family. Only they see her.

It affirms the privacy, exclusivity and importance of the domestic sphere.

The Muslim woman's focus is her home, the "nest" where her children are born and reared. She is the "home" maker, the taproot that sustains the spiritual life of the family, nurturing and training her children, providing refuge and support to her husband.

In contrast, the bikinied American beauty queen struts practically naked in front of millions on TV. A feminist, she belongs to herself. In practice, paradoxically, she is public property. She belongs to no one and everyone. She shops her body to the highest bidder. She is auctioning herself all of the time.

In America, the cultural measure of a woman's value is her sex appeal. (As this asset depreciates quickly, she is neurotically obsessed with appearance and plagued by weight problems.)

Pour lire l'integralite de l'article, cliquez ici.

Est-ce qu'il exagere, le mec? Faites-nous savoir!

Monday, May 30, 2005

Ecoles americaines au Maroc

Sur le blog de Jawad, un billet annoncant l'ouverture prochaine d'une ecole "americaine" a Agadir. J'en ai parle recemment a un ami marocain au telephone, et ce dernier au debut s'etait montre un peu sceptique quant a l'utilite d'une telle institution au Maroc. Trop cher, ce genre d'ecole selon lui ne profite qu'a une certaine "elite", et par consequent aura tres peu d'impact sur la societe marocaine au sense large. Bien qu'il y ait une part de verite dans ce point de vue, je n'etait pas tout a fait du meme avis, et cela pour les raisons suivantes:

-- Nos elites sont majoritairement francophones. A l'ere de la mondialisation, il est clair que l'Amerique est a la fois un marche et une source d'investissements beaucoup plus importants que ne le sera jamais la France. Il est donc tout a fait opportun qu'une partie de nos elites ait un contact un peu plus approfondi avec l'amerique, en vue de consolider les echanges entre ce pays et le Maroc.

-- Commerce a part, je pense qu'il serait aussi tres positif que nos futures "elites" cessent d'etre "coinces" dans leur idealisation de la France (grand pays, certes, mais qui a ses defauts aussi), et elargissent un peu leur horizon en se frottant a la culture anglo-saxonne qui est une culture largement plus egalitaire que la culture francaise, beaucoup plus "meritocratique", et beaucoup plus respectueuse des cultures "indigenes". Si ces ecoles americaines ne servent qu'a briser le monopole des ecoles francaises en matiere d'education des futures elites, et leur apprendre que la diversite (d'opinions, de cultures, d'interpretations, etc.) est source de richesse (et non pas que "la France est le centre du monde"), c'est deja un grand plus.

-- Enfin, et je pense que c'est la le point le plus important, il n'est pas du tout exclu que l'introduction de telles ecoles aura une influence sur les ecoles privees "indigenes", et meme sur l'ecole publique marocaine a long terme. En effet, des educateurs intelligents et industrieux feront tout pour imiterles methodes d'enseignement plus avancees que ces ecoles introduiront au paysage educatif marocain, ce qui peut potentiellement etre tres benefique aux enfants de la classe moyenne marocaine aussi.

Ai-je oublie quelque chose? Etes vous d'accord? J'attends vos reactions!

Friday, May 27, 2005

Masochisme

Il y a quelques jours, j'ai eu connaissance d'un article publie par le quotidien marocain Aujourd'hui le Maroc au sujet du livre d'un auteur marocain sur la femme musulmane. Je vous laisse decouvrir le livre (dont le titre en arabe en dit deja tres long sur le contenu) vous-meme a travers l'article ci-dessus. Pour moi, cet ouvrage est un exemple typique d'une lecture masochiste et mysogine des textes religieux, donnant de l'Islam une image primitive et retrograde qui ne devrait pas du tout etre la sienne. C'est assez malheureux de voir que la majorite des livres sur l'Islam ecrits dans nos pays sont de tres mauvaise qualite.

Des fois j'ai l'impression que, paradoxalement, les meilleurs textes sur l'Islam aujourd'hui sont souvent ecrits en occident, et plus particulierement dans le monde anglo-saxon. Pour une antidote islamique aux delires de notre auteur de Tetouan, je propose "Houqouq al-Mar'a fil Islam", ("Les droits de la femme en Islam") de Murtada Mutahhari (vous serez surpris de voir a quel point un ayatollah iranien est "liberal" au sujet des femmes), qui est disponible sur le marche marocain; ou, si vous lisez l'anglais, Speaking in God's name, de Khaled Abou El Fadl: un vrai tour de force d'argumentation et d'erudition en faveur de la femme musulmane (et dont je compte bien un jour faire la revue sur ce blog).

Wednesday, May 25, 2005

"Que faire?" Une proposition pour les bloggeurs marocains

A la fin d'une discussion qu'on avait eue precedemment sur ce blog sur le phenomene de la mendicite au Maroc, notre ami Ayoub s'etait demande quel bien cela pouvait bien faire de se borner a critiquer les realites marocaines sans vraiment proposer d'alternatives. Il avait pose sa fameuse question "Que faire?" (une question qui, comme j'ai appris depuis, revient souvent dans le discours Ayoubien), sur laquelle je lui avait promis un billet sur ce blog. Plus recemment, j'ai eu un echange avec Ayoub sur le blog de la journaliste marocaine Amina Talhimet, ou il a encore pose la meme question, "Que faire?", au sujet de la situation des diplomes marocains au chomage qui manifestent maintenant presque tous les jours pour revendiquer un emploi. Extrait:

Karim: "[...] Et toi, Ayoub, ne trouves-tu pas que ton attitude est un peu "dure" a l'egard de ces jeunes? Je suis bien d'accord avec toi que cette societe doit cesser d'etre assistee. Mais est-ce realiste aussi de ne compter que sur le secteur prive, quand celui-ci est encore regi par une mentalite d'exploitation et d'abus envers les plus demunis? Et, quelle est la faute de ces diplomes, si l'etat n'a pas su leur offrir des filieres d'etudes aux debouches plus prometteurs?"

Ayoub: "Karim , je suis certainement dur, mais que faire ? On ne peut rien attendre de l'État qui ne peut plus rien absorber, qui "vire" ses meilleurs éléments, qui vend les biens du pays... Que peut on attendre de Lui ?
[...]
On arrive en Terminale et on se demande à peine ce qu'on peut faire. Le système n'offre pas grand chose, mais au moins il a "des failles" qui nous permettent de nous en sortir... Profiter de ces failles est une solution immédiate. Tous les lycéens ressemblent à de troupeaux, suivant l'air du temps, avec une attitude pareille on ne peut pas espérer."

Sur le sujet particulier de l'echange ci-dessus, je vais me hasarder a faire une proposition qui pourrait s'averer utile. (Comme on dit ici aux US, il faut etre "goal oriented" - voyons ce que ca peut donner ici ;) Bon voila, j'ai aussi suivi la discussion tres interessante sur le blog de Larbi sur le volontariat au Maroc, et j'ai ete impressionne par l'engagement des intervenants, bloggeurs marocains qui partagent un amour profond pour leur pays et qui cherchent les moyens de contribuer a son developpement. Voici une idee simple, qui demandera peu de ressources, mais qui peut faire une difference dans la vie de ces jeunes lyceens "paumes" du Maroc que Ayoub a decrit comme des "troupeaux" dans son commentaire ci-dessus (c'est un peu dur, mais c'est un peu vrai aussi, et c'est malheureux). Au lieu de les observer errer et se perdre en silence, pourquoi ne pas creer un website regroupant toutes sortes de ressources qui pourrait orienter ces lyceens vers les filieres les plus productives et les aider a faire le bon choix de carriere une fois le bac en poche? Ces ressources peuvent comprendre:

-- Une liste d'ecoles, d'universites, et d'instituts d'enseignement superieur, au Maroc et a l'etranger. Une telle liste ne devrait pas se contenter de rabacher les listes habituelles qu'on peut trouver dans n'importe quel centre culturel francais, mais devrait plutot mettre l'accent sur les formations professionelles des secteurs cles de l'economie du 21eme siecle, ainsi que sur les filieres dont le secteur prive marocain a le plus besoin.

-- Des descriptions d'experiences d'autres pays en voie de developpement (l'inde, par exemple) dans les domaines de la technologie, et comment les companies privees dans ces pays arrivent a avoir des contrats de projets a distance, rapportant a leurs pays des milliards de dollars chaque annees.

-- Des temoignages (ou des interviews) de gens qui ont cree leurs propres petites et moyennes entreprises au maroc, avec une description des problemes rencontres, etc.

-- Des "how to's" et des conseils pratiques: comment profiter de la mondialisation, comment creer des entreprises sur le web et avoir acces a des millions de clients de part le monde, comment entrer en contact avec des boites de software internationales susceptibles de faire du "outsourcing" au maroc, etc.

Meme dans un cadre benevole, un site de qualite, bien documente et gere avec rigueur par des gens engages, apportera une aide inestimable dans l'orientation de nos jeunes lyceens vers des carrieres utiles, et pourra peut-etre developper suffisamment de credibilite pour pouvoir dans un avenir proche avoir acces a des experts (economistes, hommes d'affaires, marocains et etrangers) et, pourquoi pas, interagir avec la classe politique marocaine et contribuer a enrichir le debat national sur les questions de politique d'enseignement et de politique economique et sociale.

Je suis sur que des jeunes pleins d'energie et desireux de servir leur pays, comme ces intervenants sur le site de Larbi, s'ils le veulent, pourront apporter beaucoup a leur pays avec un projet pareil. En fait, ce genre de projet ne peut reussir dans un cadre benevole qu'avec le concours d'un nombre important et diversifie de contributeurs serieux et engages. On attend des preneurs!

Comme dirait notre cher Larbi, ce billet est "une bouteille jetee a la mer". On attendra le feedback des bloggeurs marocains. Peut-etre qu'un tel projet existe deja quelque part? Ou peut-etre qu'il s'agit d'une fausse bonne idee?

Saturday, May 21, 2005

Pourquoi les Marocains boudent les livres?

Dans cet article publié par le quotidien Aujourd’hui Le Maroc, quelques personnalités livrent leurs impressions sur les raisons derrière la problématique du faible taux de lecture des livres au Maroc. Ce sujet me fait penser à Ahmed Bouzfour, ce nouvelliste qui avait refusé un prix littéraire en protestation à la politique sociale marocaine et au faible taux de lecture dans ce pays.

Sunday, May 15, 2005

Amr Khalid: telemarketing de l'Islam (2eme partie)

Dans un souci d'equitabilite, je poste ici un article qui est paru il y a deux semaines dans le quotidien marocain islamiste Attajdid sur Amr Khalid, et qui, contrairement a l'article de Ghazi Tawbah, est beaucoup plus favorable a l'animateur egyptien:

لقيت برامج الداعية عمرو خالد ،البالغ من العمر37 سنة ، نجاحات كبيرة مقارنة مع غيرها من برامج مختلف القنوات العربية إلى حد أن برنامج " ونلقى الأحبة " ، الذي كان يعرض على قناة اقرأ الفضائية ضمن شبكة راديو وتلفزيون العرب ، شكل ظاهرة إعلامية نتجت عنها موجة من الالتزام في صفوف الشباب عموما والشابات بشكل خاص. غير أن برنامجه " صناع الحياة " ، الذي يبث على نفس القناة ، لقي إقبالا مضاعفا نتجت عنه هده المرة ظاهرة هي الأولى من نوعها في العالم تجاوزت الطابع الفردي لظاهرة التجاوب مع برامج القنوات التلفزية لتاخد طابعا مؤسساتيا ويتجلى دلك في الانتشار الملفت والسريع ل " نوادي صناع الحياة " ودلك في كل أرجاء العالم وما صاحب دلك ويصاحبه من انخراط شبابي يتسع يوما بعد يوم .

Pour lire l'integralite de l'article, cliquez ici.

A lire cet article, on realize que ce que Mr. Khalid a reussi a faire est digne de respect. En effet, non seulement il a cree une audience qui suit assidument ses emissions televisees, il a aussi reussi a creer une communaute de gens qui vont de l'avant et participent activement dans des projets concrets en vue d'ameliorer les realites de leurs communautes respectives. Reussir a sortir les arabes de leur passivite maladive releve de l'exploit, et je ne manquerai pas ici de saluer l'effort de l'animateur egyptien. Chapeau, Mr. Khalid!

Friday, May 13, 2005

Polémique au Maroc : les évangélistes sont-ils une menace?

Décidément, le prosélytisme mené par les télé-évangélistes au Maroc continue de faire couler beaucoup d’encre. Cette polémique dure maintenant depuis des mois et a suscité un énorme intérêt, au point que même des médias internationaux, dont Le Monde, en avaient fait écho. Voici une interview donnée par un Pasteur de Casablanca, tentant de mieux éclaircir la réalité du phénomène. Le moins que je puisse dire sur cette question est qu’elle est bien complexe. Au delà du débat légitime sur la liberté d’agir et de conscience en religion, il est difficile de dresser, de manière cohérente, une ligne claire entre, d’une part, tirer profit des problèmes d’une société, et d’autre part, exploiter abusivement ces mêmes problèmes, pour prêcher une doctrine donnée.
Jallal

Greve de la faim des militants islamistes au Maroc

Inquietant developpement aujourd'hui dans l'affaire des islamistes juges et emprisonnes au lendemain des attentats terroristes du 16 Mai 2003. Ces islamistes ont entame une greve de la faim il y a quelques jours deja: ils estiment qu'ils ont ete victimes d'une "chasse aux sorcieres" au lendemain des attaques, qu'ils ont ete inculpes dans des proces injustes ou ils n'ont pas eu le droit a une defense digne de ce nom et revendiquent qu'ils soient rejuges. On comprend bien que l'etat veuille etre severe avec les terroristes, et cherche par tous les moyens a proteger ses citoyens contre de nouvelles attaques dans le futur. Mais, d'un autre cote, si le Maroc est vraiment l'etat de droit et de tolerance que le gouvernement veut faire croire au monde entier, alors le moins que ce dernier puisse faire est de ne pas faire a ses citoyens un proces d'intention, et d'apporter des preuves tangibles de la culpabilite de ces militants, si preuve il y a, ou de les relacher s'il s'avere effectivement qu'ils ont ete inculpes trop hativement. Sans cela, le gouvernement risque de creer des tensions entre les islamistes (et ils sont nombreux) et le reste de la societe, avec des consequences qui peuvent etre nefastes pour le pays a long terme.

Thursday, May 12, 2005

Au sujet de notre marocanite

Khalil Hachimi Idrissi, sur son blog, s'est pose la question:"Qu'est-ce qu'être Marocain aujourd'hui ?" Je viens d'ecrire la reponse suivante (qui paraitra sur le dit blog apres "validation" - j'ai poste cette reponse aussi sur le site de notre ami Ayoub):

***********

"In an anthropological spirit, then, I propose the following definition of the nation: it is an imagined political community - - and imagined as both inherently limited and sovereign." Benedict Anderson, Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism.

Je ne compte pas trop detailler ma reponse a votre question "Qu'est-ce qu'être Marocain aujourd'hui ?", simplement parce qu'en detaillant je ne ferais que repeter ce que d'autres ont deja fait sur ce blog, ainsi que sur le blog de notre compatriote Ayoub Bechekri. Ma perception personelle de la marocanite se resume principalement a trois aspects: un aspect juridique d'appartenance legale a une nation, un aspect historique (voir a ce propos l'excellent commentaire de Lebaroude sur le site d'Ayoub ci-dessus mentione) et un aspect culturel (notre riche tradition gastronomique; la musique, ou plutot les musiques, devrais-je dire; une langue commune: la darija, qui est parlee avec un raisonnable degre d'uniformite partout dans le pays; et les fetes et autres traditions communes) partages par les differentes ethnies (arabes et berberes) habitant le Maroc. Maintenant, si vous posez la question: "Est-ce que ces trois aspects sont suffisants pour maintenir la cohesion d'une nation comme le maroc?", ma reponse sera, oui, absolument. Il y a cependant une autre question, que l'on ne peut s'empecher de se demander quand on lit certaines reponses de compatriotes marocains dans ce blog ou l'on sent un certain malaise, que ces repondants associent, a tort ou a raison, a leur marocanite. La question est: y a-t-il d'autres elements, au dela de ceux enumeres ci-dessus, qui devraient definir une nation, et qui sont atrophies chez nos compatriotes, generant ainsi ce "mal de vivre"?

Si l'on adopte le concept, developpe par le sociologue et anthropologue Benedict Anderson qu'une nation est definie avant tout par la facon dont elle decide, a travers un effort de reflexion delibere, de s'inventer politiquement, alors on devra reconnaitre que la notion de marocanite (a part la question - essentielle, certes - de la monarchie, qui est universellement acceptee par la quasi-totalite de marocains) ne resoud pas bien des problemes. Qu'est-ce que les marocains ont a dire sur la democracie, sur les droits de l'homme, sur la repartition des pouvoirs, sur le role du Makhzen, sur la liberte d'expression, sur le role de la religion? Un debat national sur ces questions, dans un climat d'honnetete et de transparence (non pas un dialogue de sourds, mais un vrai debat de fond qui devrait nous permettre de mieux nous definir et d'inventer notre futur), ne peut que renforcer le sentiment de marocanite des marocains. Sans cela, le malaise ressenti par beaucoup de nos compatriotes au sujet de leur marocanite persistera toujours.

Wednesday, May 11, 2005

Salaire de Nancy Ajram

Comme epilogue a notre discussion sur la mendicite au Maroc: Nancy Ajram, pour la soiree qu'elle a animee a Marrakech, a apparement recu un cheque de 1 million d'Euros.

Dans un pays ou les mendiants forment une classe sociale, cela parait-il normal ?

Just a thought!

Monday, May 09, 2005

Les arabes sont-ils sectaires? (2eme partie)

Je realise que je n'ai pas eu beaucoup de succes avec la premiere partie de ce billet, sur le sectarisme dans les pays arabes. Je voudrais neanmoins, au risque d'avoir encore moins de succes que la premiere fois :-( , poster la deuxieme partie que j'avais en tete lorsque j'ai publie la premiere. Il s'agit ici d'un article du penseur et activiste egyptien Saadeddine Ibrahime (President du centre Ibn Khaldoun de recherche) paru il y a quelque temps dans al-Hayat, dans laquelle l'auteur est d'avis que les arabes sont racistes (par quoi, je suspecte qu'il voulait simplement dire sectariens - il a peut-etre prefere utiliser le mot "raciste" parce qu'il sait que les arabes sont un peu allergiques au terme "sectarisme"):

يقلقني منذ سنوات السؤال الخاص بالنزعة العنصرية لدى العرب. وأعترف أنني كثيراً ما كتمت هذا السؤال في أعماق أعماق اللاوعي في داخلي! بل أكثر من ذلك إمعاناً في إنكار هذه الخواطر الدفينة، إنني كنت أتصدى لمن يتهمون العرب بالعنصرية، وأفنّد حججهم بالنصوص القرآنية، والأحاديث النبوية الشريفة، والنماذج الإنسانية التي أسهمت في بناء الحضارة العربية الإسلامية، من مختلف الملل والنِّحل والأعراق.

ولكن هواجسي حول عنصرية العرب، كانت تتجدد بشدة، بين الحين والآخر. وكان آخر تجليات العنصرية العربية منذ عدة أيام، حينما ذبحت إحدى الجماعات التي تتستر وراء رداء العروبة والإسلام اثني عشر إنساناً من «النبيال»، كانوا يعملون «طهاة»، في مطعم يملكه مواطن اردني من العراق. وطبقاً لما نقلته وكالات الأنباء ونشرته صحيفة «الحياة» (1/ 9/ 2004) فإن مجموعة تطلق على نفسها اسم «جيش أنصار السنة» في بيان أرفقت به شريط فيديو على موقع لها على الإنترنت «قمنا بفضل الله تعالى بتنفيذ حكم الله في 12 نيبالياً، جاؤوا من بلادهم مستعينين بإلههم بوذا من أجل محاربة المسلمين..».

Pour lire l'integralite de l'article, cliquez ici.

Le paragraphe auquel je voudrais attirer l'attention des lecteurs est la conclusion de l'article:

وقد سكت حكامنا عن بعضهم البعض حينما ارتكبوا جرائم إنسانية في حقوق شعوبهم أو الشعوب المجاورة. بل وسكت أغلبية المثقفين العرب عن نفس الجرائم، بذريعة أن «الأمة في خطر» أو أنه «لا يعلو صوت فوق صوت المعركة». لقد كان من تجليات هذه الإزدواجية العنصرية السكوت عن استخدام الغازات السامة ضد الإيرانيين (المجوس)، ثم ضد الأكراد العراقيين في حلبجة (غير عرب)، ثم الفتك بالسودانيين في الجنوب (زنوج غير مسلمين)، ثم بأهل دارفور المسلمين في غرب السودان (مسلمين ولكنهم أفارقة زنوج). والغريب هو أنه حينما تحاول أطراف دولية أن تنقذ الموقف لأسباب إنسانية، مخلصة أو مغرضة، فإن معظمنا كعرب، حكاماً ومحكومين، نتصايح بأن هذا هو «تدخل أجنبي في قضايانا»، وهو «انتهاك للسيادة الوطنية». لقد حان الآوان لمواجهة الذات العربية الجماعية العنصرية، توطئة للتخلص من تلك العنصرية البغيضة.

Sectariens ou pas, les arabes? J'attends toujours vos reactions :-)

Abdelhamid Al-Ansari répond à certaines questions chaudes

Je crois que notre ami Abdelhamid Al-Ansari commence à avoir la cote sur notre blog. Tout le monde connaît l’institut Memri dont la tâche principale est de chercher tout article ou déclaration haineuse de certains musulmans dans les médias arabes et les traduire et les reproduire ensuite sur le site memri.org. L’objectif, bien sur, est de véhiculer une image rétrograde de l’Islam à travers le monde… Ici, néanmoins, Memri se limite à traduire une interview de Abdelhamid Al-Ansari avec le quotidien Qatari Arraya. En lisant cette traduction, je me suis trouvé en accord avec pratiquement toutes ses opinions. Je crois que les points qu’il souligne sont d’une grande importance et méritent un large écho dans le monde arabo-musulman.
Jallal

Wednesday, May 04, 2005

Competition a l'aube du 21eme siecle: notre systeme d'enseignement est-il pret ?

Dans un article paru recemment au New York Times (et dont une traduction en arabe est apparue dans le quotidien al-Ittihad des Emirates), Thomas Friedman discute des vues de Bill Gates sur l'enseignement secondaire aux Etats Unis d'Amerique:

أدلى أحد أبرز رجال الأعمال الأميركيين, بحديث ملفت للنظر خلال اجتماع قمة عقد مؤخراً لجميع حكام الولايات الأميركية. ومما قاله بيل جيتس أمام ذلك الاجتماع:"تعد المدارس الثانوية العليا الأميركية بالية وعفا عليها الزمن". ومضى قائلاً "بعبارة عفا عليها الزمن, فإنني لا أعني ضعفها أو عجزها الأكاديمي أو نقص تمويلها فحسب, وإنما عنيت بهذا التعبير أن أقول إنها وحتى حين تكون في أفضل حالاتها ومستويات تمويلها وقدرتها على أداء الوظيفة التعليمية التي أنشئت من أجلها, أحسن ما يكون الأداء, فهي تظل عاجزة عن تدريس أطفالنا وأبنائنا ما هم بحاجة لتعلمه اليوم". ذلك أن تدريب القوة العاملة المستقبلية, من خلال المدارس المتاحة لها اليوم, إنما يشبه محاولتنا تدريس هؤلاء الأطفال أجهزة الحاسوب المستخدمة اليوم, بأجهزة صممت منذ نحو50 عاماً. وكانت مدارسنا هذه قد صممت منذ نصف قرن تقريباًً كي تلبي متطلبات وحاجات جيل مختلف من الأميركيين. وحتى نعيد تصميمها مجدداً كي تلبي احتياجات القرن الحادي والعشرين, فإننا سنواصل كبحنا إن لم يكن تدميرنا لحياة ومستقبل الملايين من الأميركيين سنوياً.

ذلك هو ما أدلى به بيل جيتس أمام الاجتماع المذكور. والآن دعوني أترجم كلماته بعبارات أخرى كما يلي "إن لم تعالجوا مشكلات النظام التعليمي الأميركي, فإنه لن يتسنى لي توظيف أبنائكم".

Si quelqu'un comme Bill Gates parle ainsi du systeme d'enseignement americain, que pourrions-nous dire du systeme d'enseignement dans un pays comme le Maroc? Est-ce que nos ecoles, nos lycees et nos universites forment cette nouvelle generation dont parle Bille Gates, et qui sera capable de rivaliser avec les koreens, les indiens et les chinois dans l'economie super-competitive que sera l'economie du 21eme siecle? Quand pourra-t-on enfin compter sur les institutions nationales pour enseigner a nos jeunes les technologies de pointe (en informatique notamment), qui peuvent aider a resorber le probleme du chomage et apporter une richesse inestimable a notre pays?

Monday, May 02, 2005

Les chiffres alarmants de la mendicité au Maroc

500.000 mendiants! Ce chiffre effrayant a été annoncé par la Ligue marocaine pour la protection de l'enfance, résultat d’une étude réalisée en collaboration avec l'Entraide nationale et le ministère de la Santé. Seul point positif est que l’on commence finalement à se pencher sérieusement sur ce cancer qui mine profondément l’état de santé de la société Marocaine. En témoigne cette étude sérieuse qui apporte des révélations très intéressantes sur le phénomène de la mendicité, ses causes et ses méthodes. Seul point positif, disais-je, car la pauvreté, tout le monde en convient, est une des causes derrière d’autres « maladies » dont souffre la société marocaine, telles que l’analphabétisme, la malnutrition ou l’extrémisme. Reste à savoir pourquoi le Maroc en est arrivé là. Il va sans dire que les raisons sont très nombreuses et j’ai pas l’intention ici de les discuter toutes mais je cite une qui est capitale. Le Maroc n’a jamais abordé l’éducation de manière sérieuse ni même eu la conviction que l’éducation et la science sont les moteurs d’une économie en bonne santé. En occident, on étudie d’abord pour créer et produire. Au Maroc, la finalité première ou la conséquence de l’éducation a été toujours de produire des enseignants. Dés lors, il n’est pas surprenant de constater la saturation à ce niveau, constatée depuis plusieurs années maintenant. La recherche et le développement n’ont jamais eu la place qu’elles méritent et continuent toujours de faire cruellement défaut au Maroc. Or, on constate rapidement que pratiquement tous les pays émergents ont fait de la question de la recherche et du développement une de leurs priorités. La Malaisie, l’Inde et Brésil en sont des exemples concrets. Sans l’investissement dans la recherche et le développement et la créativité qui en découle, le Maroc comme d’autres pays, sera toujours condamné à pratiquer l’économie de bricole, en dévaluant le dirham par exemple, en privatisant un par un tous les secteurs d’économie (le problème ici n’est pas tant la privatisation mais que ce soient presque toujours des compagnies étrangères qui gagnent l’appel d’offres), en misant trop sur le tourisme ou l’argent issu de l’immigration, etc. Ces stratégies peuvent être parfois bénéfiques, mais elles sont ou bien des moyens à court terme ou bien trop dépendantes de la situation politique et des conflits dans le monde.
Jallal