Lu, dans Tel-Quel de la semaine derniere, une depeche dans laquelle on apprend que le roi Mohamed VI vient de nommer Abdellatif Hammouchi a la tete de la Direction Generale de la Surveillance du Territoire (DGST). D'apres Tel-Quel, Mr. Hammouchi serait un specialiste de la mouvance salafiste du royaume, aussi bien sur le plan ideologique (il aurait une bonne connaissance de la litterature salafie) que sur le terrain. Je pense personnellement que le salafisme est un probleme grave sur lequel les societes arabes en general, et la societe marocaine en particulier, auront a se pencher dans les annees a venir. Je pense aussi qu'une approche purement securitaire au probleme salafiste n'est pas suffisante. Pour lutter efficacement contre le salafisme, il faut aussi et surtout le contrer sur le plan des idees, en faisant par exemple ce qui suit:
1. Encourager les oulemas a contrer les deviations salafistes: les aberrations salafistes au niveau du fiqh et leurs tendances a opter pour les positions les plus extremes (comme par exemple l'idee selon laquelle il serait obligatoire pour la femme musulmane de couvrir non seulement les cheveux, mais aussi le visage) sont relativement faciles a contrer a partir des sources islamiques elles-memes. L'etat devrait inciter les oulemas, a travers des "grants" (contrats) pour des programmes de recherches cibles, a produire des traites pedagogiques qui soient a la portee de tout le monde et qui exposent les deviations salafistes au grand jour afin de contrer certaines idees vehiculees par la litterature etrangere qui circule dans les cercles salafistes du pays.
2. Incorporer des programmes d'histoire des idees et de fiqh compare dans les cursus des instituts theologiques. L'etude des differentes ecoles de pensee islamique qui se fait de nos jours dans nos universites reste extremement superficielle. Or, il se trouve qu'il est essentiel de comprendre l'histoire de l'emergence des differentes mouvances de la pensee islamique pour pouvoir placer chacune d'entre elles dans son propre contexte, deceler les deviations de telle ecole ou tel penseur, et pour pouvoir ensuite tirer les lecons qui s'imposent pour notre contexte actuel.
1. Encourager les oulemas a contrer les deviations salafistes: les aberrations salafistes au niveau du fiqh et leurs tendances a opter pour les positions les plus extremes (comme par exemple l'idee selon laquelle il serait obligatoire pour la femme musulmane de couvrir non seulement les cheveux, mais aussi le visage) sont relativement faciles a contrer a partir des sources islamiques elles-memes. L'etat devrait inciter les oulemas, a travers des "grants" (contrats) pour des programmes de recherches cibles, a produire des traites pedagogiques qui soient a la portee de tout le monde et qui exposent les deviations salafistes au grand jour afin de contrer certaines idees vehiculees par la litterature etrangere qui circule dans les cercles salafistes du pays.
2. Incorporer des programmes d'histoire des idees et de fiqh compare dans les cursus des instituts theologiques. L'etude des differentes ecoles de pensee islamique qui se fait de nos jours dans nos universites reste extremement superficielle. Or, il se trouve qu'il est essentiel de comprendre l'histoire de l'emergence des differentes mouvances de la pensee islamique pour pouvoir placer chacune d'entre elles dans son propre contexte, deceler les deviations de telle ecole ou tel penseur, et pour pouvoir ensuite tirer les lecons qui s'imposent pour notre contexte actuel.
3. Mener une campagne mediatique contre le salafisme dans les organes mediatiques dependant de l'etat. Je ne parle pas ici d'un certain genre de propagande vulgaire auquel on a droit de temps en temps (comme par exemple lors du fameux incident de l'editorial d'Attajdid sur le tsunami dans le sud-est asiatique l'annee derniere), mais d'une campagne scientifique basee sur des articles serieux, des interviews, des tables rondes et des debats avec des oulemas et des penseurs islamiques afin de jeter plus de lumiere sur les idees salafistes et permettre au marocain moyen (qui, ne l'oublions pas, lit tres peu ou pas du tout) de comprendre que beaucoup d'idees vehiculees par le salafisme sont des interpretations extremes qui sont contraires a l'esprit de l'islam et sur lequel on ne peut pas construire une civilisation.
Il y a bien sur encore une lutte qui doit se faire sur le plan social, comme par exemple accorder plus d'attention aux quartiers populaires, en les dotant d'infrastructures culturelles et sportives, etc. Dans ce billet, j'ai voulu insister sur le cote ideologique car c'est un cote qui devrait pouvoir etre facilement mis en oeuvre, et qui pourrait s'averer etre tres efficace dans la lutte contre les idees salafistes qui ne cessent de gagner du terrain aupres des classes les plus defavorisees du pays.
Il y a bien sur encore une lutte qui doit se faire sur le plan social, comme par exemple accorder plus d'attention aux quartiers populaires, en les dotant d'infrastructures culturelles et sportives, etc. Dans ce billet, j'ai voulu insister sur le cote ideologique car c'est un cote qui devrait pouvoir etre facilement mis en oeuvre, et qui pourrait s'averer etre tres efficace dans la lutte contre les idees salafistes qui ne cessent de gagner du terrain aupres des classes les plus defavorisees du pays.