Tuesday, November 15, 2005

Au sujet des langues étrangères – 1ère Partie.

Parler des langues étrangères, personne ne peut le nier, est bénéfique et salutaire. Les avantages sont multiples : ouverture sur le monde, richesse culturelle, etc. C’est nécessaire aussi pour suivre le rythme infernal du développement technologique. Cela est d’autant plus vrai quand on sait qu’un pays comme la Grèce traduit plus de livres que tout le monde arabe réuni ! Les planifications et les discours sur l’arabisation sont une farce, pas plus. L’arabisation ne peut reussir que si elle est introduite progressivement dans le cadre d’un développement de l’enseignement beaucoup plus ambitieux, et non l’inverse.

Le paradoxe est que je reste convaincu qu’une condition nécessaire de l’essor d’un pays comme le Maroc est l’état de l’arabisation (Amazighisation) de son enseignement et des ses institutions. Condition non suffisante certes, mais nécessaire. En d’autres termes, les Marocains quand ils auront contribué à l’essor de leur pays, en utilisant les avancées techniques dans des langues telles que l’Anglais ou le Français, auront à cœur –fierté identitaire oblige entre autres– de se pencher sur leur langue maternelle, pour accompagner ce développement. Du reste, il est difficile de trouver un pays développé (parfois même émergent) où une langue étrangère est préférée à la langue nationale.

La seconde partie traitera des facteurs influant sur la marginalisation d’une langue nationale.

P.S. Rédiger ce texte dans une langue étrangère n’est nullement ironique, mais reflète seulement l’état des lieux…

Tuesday, October 18, 2005

Un Marocain au service des diplômés chômeurs

Tapez « diplômés chômeurs » sur Google news. Qu’est ce que vous obtenez comme résultat ? Eh ben, 17 sur 20, soit la quasi-totalité, concernent le Maroc… Eh pourtant, « Maroc » ne faisait pas partie des mots clés de la requête !

Qu’est ce que cela suggère ? Est-ce que « Diplômé chômeur » est synonyme aujourd’hui de Marocain ? Evidemment non. Même dans les pays développés, il existe des diplômés chômeurs. Cette tendance, d’ailleurs, va crescendo, en raison, non seulement des crises économiques ici et là, mais surtout de l’outsourcing pratiqué par les multinationales, toujours avides de multiplier les gains. Cependant, la « mention très bien » (17/20) enregistrée par le Maroc est révélatrice du drame des diplômés chez nous, et du fait que le chômage les concernant est d’une dimension nettement plus importante.

Au milieu de ce chaos, Abdelkrim Samiri, un Marocain résidant en Suisse, propose un programme innovant permettant une formation de diplômés chômeurs en 6 mois afin de les aider soit à (re)trouver un emploi, soit à créer leurs propres entreprises. Ce programme a été lancé en Suisse, en 1996, par le Marocain, avec des résultats très probants. Fort de ce succès, Abdelkrim, récemment au Maroc, propose donc d’implémenter une version Marocaine du projet. Les coûts sont modestes, mais est ce que le gouvernement voudra y montrer de l’intérêt ?

Pour en savoir plus :

Diplômés chômeurs: La fin du calvaire?

Thursday, October 06, 2005

Zaki, héros ou vilain ?

"Ce que je sais le plus, finalement, sur la morale et les obligations de l’homme, je le dois au football…". Cette citation émane de l’écrivain Albert Camus, qui était gardien de but dans sa jeunesse. Le moins que l’on puisse dire, est qu’elle est très d’actualité à la veille de ce houleux Tunisie-Maroc qui nous attend ce week-end. Samedi soir, après le coup de sifflet final, la "morale" se fera toute petite devant la passion, la haine, l’euphorie, la déraison, l’extase, la colère, … toutes conséquence d’une émotion démesurée...

Dans ce climat, coté Marocain, rarement une personne aura mis en jeu toute son réputation, tout son statut comme ce sera le cas de Zaki, l’entraîneur national. Ce dernier, en une seconde, pourra devenir l’homme le plus adulé ou le plus haï au pays. Car, "ça prend seulement une seconde pour marquer un but", comme disait Brian Clough. Mais cette seconde fera couler beaucoup d’encre. Cette seconde fera écrire des pages et des pages par des journalistes, ou plumitifs qui, selon la tournure des évènements nous expliqueraient la « tactique naïve », « la grosse erreur » ,« le match perdu d’avance » dans un cas, ou « la grande intelligence de Zaki », sa « victoire tactique », « son assurance », « sa certitude de gagner » et « sa capacité phénoménale de mener les hommes et gérer les conflits socio-psychologiques, etc. », dans l’autre cas.

Techniquement, le mot qui reviendra souvent sera « tactique »: « Tactiquement, le Maroc a …”, « Le match sera ( a été) tactique », « Zaki a gagné (perdu) son match tactique face à Lemerre). Tactique, tactique, tactique… Si seulement ces "experts" de la tactique écoutaient ce que disait B. Clough, encore lui, « Les joueurs te font gagner des matchs, et non pas les tactiques. Il y a plein de bêtises sur la tactique racontées par des gens qui savent à peine comme gagner au domino ».

Pour encourager ses joueurs, Zaki ferait mieux de leur conseiller le jour du match : « Si vous êtes dans la surface de réparation adverse et vous ne savez pas quoi faire avec le ballon, mettez le dans les filets, et nous discuterons des différentes options plus tard » comme disait, un jour, Bob Paisley.
P.S. Indépendamment du résultat de Samedi, je pense que la prestation du onze Marocain a été très médiocre lors des éliminatoires. En plus du match nul contre la Tunisie at home, les Lions de l’Atlas ont perdu bêtement 6 points à l’extérieur face à des équipes faibles.

Tuesday, October 04, 2005

La photo du jour




Photo prise (source: AP), ce Mardi 4 octobre, à Derb Sultan à Casablanca. Le coup d’envoi du Ramadan est donné. Malheureusement, on n’a pas encore envisagé la distribution sur commande on-line pour les expatriés. Chebbakia.com, ce n’est pas encore pour demain. Pourtant, c’est un business bien prometteur. Avis aux intéressés…

Monday, October 03, 2005

Ramadan Moubarak

Le jeune du mois de Ramadan est le 4ème pilier de l’Islam, mais, curieusement, au Maroc, il est au top de la hiérarchie. Je l’explique par deux raisons : a) la passivité relative que l’observation de ce rite implique, et b) la grande marge culturelle que ce rite laisse aux fidèles (cuisine, coutumes Ramadanniennes, etc.) par rapport aux autres piliers de l’Islam.

Au Ramadan, on est censé manger moins, mais au Maroc, ce mois est généralement accompagné par une inflation de certains produits, par une consommation largement plus importante, qui, de plus, est concentrée dans une fourchette de 10-15 heures… Bonjour le diabète, le cholestérol, …

Au Ramadan, on est censé être plus tolérant, moins nerveux, plus conciliant, mais au Maroc, le taux d’adrénaline atteint des records difficiles à égaler … Cela a un nom : Tramdine…

Le mois de Ramadan est censé être un mois de spiritualité, mais au Maroc, c’est le mois des jeux de hasard par excellence. Allez savoir pourquoi.

Mais, au moins, au Maroc, au mois de Ramadan, l’esprit de famille reprend ses couleurs, quoique des couleurs moins vives qu’avant. Ce n’est pas rien.

Ramadan moubarak.

Sunday, September 18, 2005

L'arbitraire

On a beau chanter, qu’au Maroc, les annees de plomb, de l’arbitraire sont révolues. Mais ces qualifications sont généralement consacrées au champ politique. Dans la vie de tous les jours, l’arbitraire continue à faire office de système. L’histoire de Ait Sirahal en témoigne. Cet émigré en France a eu une altercation avec une personne dans un café, à Marrakech, où il passait ses vacances, la veille de son retour à son pays d’adoption. Quelques heures plus tard, il est décédé dans un commissariat après avoir été torturé… L’autre personne, elle, est relâchée car elle connaît des notables de la ville…

Le pire est que le commissaire, reconnu assassin de la victime, travaille toujours comme si de rien n’était. Lire les liens en bas de page de l’article en question pour en savoir plus sur le ridicule traitement de l’affaire par la justice, la parodie de justice plutôt.

Voilà qui nous fait rappeler, que dans certains aspects de la vie quotidienne, nous vivons toujours dans le moyen age. Il est fort à parier que la victime a été « lynchée » à cause (ou « grâce », du point de vue des tortionnaires !) des connaissances au haut niveau de l’autre protagoniste de la dispute.

Arbitraire, Clientélisme, Impunité : voici la « trilogie » gagnante pour les uns, celle qui hante la vie pour les autres. Pour des millions d’autres. Pour la racaille.

Sunday, September 11, 2005

L’équation islamiste selon Tel Quel

Dans son dernier éditorial, A. Reda Benchemsi (tiens bon, Reda, face au ridicule procès dont vous êtes victime !), parle de l’équation islamiste, plus précisément du PJD, dans le système politique Marocain. En résumé, le PJD, selon lui, est le parti ou la démocratie et la méritocratie sont les mieux respectées et appliquées en interne, et que, en conséquence, il dispose d’une base très impliquée. Seulement voilà, continue t-il, reconnaître cela est une chose, accepter le PJD au pouvoir en est une autre. Il dit être farouchement opposé à une éventuelle ascension du PJD pour des « raisons idéologiques ». Pour appuyer et conforter sa position, a posteriori ( !), il donne en exemple deux récents évènements. Dans le premier, survenant lors d’un forum du PJD à Kenitra, « un invité vedette a déclaré que l’ouragan Katrina qui a détruit la Nouvelle-Orléans était "un cadeau du ciel". Sous les acclamations des jeunes, malgré ce que cette assertion a de choquant. » Dans le second, « Cet été, Attajdid, si "modéré" soit-il devenu, a tout de même bruyamment protesté contre "la débauche et les mœurs déviantes" incarnées par les festivals musicaux gratuits… ». Ce qui fait du PJD, toujours selon Benchemsi, un parti efficace mais "à l’idéologie rétrograde, parfois à deux doigts du fascisme".

Quelques points en réaction:

1. Il faut saluer la sincérité de Benchemsi. Il relate les faits et donne, ensuite, son opinion, sans démagogie et hypocrisie, chères a certains de ses confrères, pour lesquels la fin justifie les moyens, et ont recours à toutes les ruses et à la désinformation pour discréditer l’adversaire. Il est révélateur, d’ailleurs, que cette sincérité vient d’une personne travaillant pour un journal indépendant et non partisan de tel ou tel parti politique.

2. Il faut condamner sans réserve le dérapage de cet invité déclarant que la tragédie de New Orleans était un "cadeau de Dieu". Décidément, après l’affaire Tsunami, on remet ça avec Katrina. N’est-il pas venu le temps d’apprendre ? Ce que je reproche à Reda, néanmoins, c’est croire ou faire croire, consciemment ou non, que ce genre de dérapage est inhérent à "ces raisons idéologiques". Qu’il ne s’agit pas plutôt d’un dérapage instrumentalisant la dite "idéologie". Une telle attitude ne fait que favoriser le dialogue des sourds entre les uns et les autres, ne fait qu’envenimer les malentendus, alors notre société a besoin d’un dialogue serein, dépassionné, pour établir une démocratie sur des bases solides.

3. Concernant "la débauche et les mœurs déviantes", là, il y a un vrai dérapage de Reda. Dans toutes les sociétés du monde, même les occidentales, il existe des associations, des institutions qui protestent contre "la débauche et les mœurs". A des degrés divers, il est vrai, mais elles existent. Aux US, en France, partout. Et on ne parle pas alors de fascisme et d’idéologie rétrograde ! Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’affirmer que le PJD avait raison ou non, puisque je ne sais même pas ce à quoi il se referait. Mais une société est composée de plusieurs franges et chacune prône un modèle plus ou moins conservateur, plus moins libertaire, etc. Et sortir les mots "fascisme", "rétrograde", chaque fois qu’un modèle ne nous plait pas est un peu malsain !

Wednesday, August 31, 2005

Les auteurs présumés de Zotob sous les verrous

Hmm, on peut mourir à trop pratique des jeux sur ordinateur, ou se retrouver en prison si on fait circuler des virus sur le web, comme cela vient d’arriver à notre compatriote Farid. J’ai regardé par hasard, il y a quelques jours, une émission sur le hacking et comment les hackers pouvaient entrer dans les disques durs sont que leurs propriétaires ne s’en rendent compte. L’un des moments forts de l’émission, à mon avis, est quand l’un des interviewés critique Microsoft, en lui reprochant de vendre ses produits sans se soucier des garanties sécuritaires. Il ajoute que, dans les divers domaines, industriels ou non, il existe des conditions sur la qualité du produit à vendre, qu’il faut respecter, mais pas en informatique. Bon point.

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mardi 30 aout 2005, 19h22
Les auteurs présumés de Zotob sous les verrous

Deux hommes, auteurs présumés du virus Zotob, ont été identifiés grâce aux investigations du FBI et mis sous les verrous au Maroc et en Turquie.

Deux hommes, auteurs présumés du virus Zotob, ont été identifiés grâce aux investigations du FBI et mis sous les verrous au Maroc et en Turquie. Il s'agit d'un jeune marocain de 18 ans, Farid Essebar, et d'un Turc de 21 ans, Atilla Ekici. Les enquêteurs américains étaient sur le coup depuis le mois de mars et l'apparition d'un premier virus, Mytob.

En coopération avec Microsoft et les autorités policières des deux pays concernés, ils sont parvenus à déterminer qu'Essebar a créé à la fois Mytob et Zotob, et les a ensuite vendus à Ekici. «Nous pensons qu'Essebar en a tiré un gain financier», a expliqué l'un des directeurs du FBI.

Les deux suspects seront jugés dans leur pays respectifs. Les chefs d'inculpation n'ont pas encore été définis, mais l'agence américaine participe activement à monter le dossier à charge, tout en cherchant à déterminer si d'autres complices sont impliqués.